Les All Blacks sont les champions du Monde… Il y a 11 ans… Ils ont fait leur auto-critique

Et c’est le travail autour de l’équipe de Nouvelle Zélande, quand les choses n’allaient pas si bien pour eux,  qui en est peut être le secret.
Un travail de fond après des années difficiles, pendant lesquelles l’équipe fanion avait perdu son identité.
Prise de conscience, suivi d’une réunion …

(extrait journal L’Equipe du dimanche 1 Novembre, et article de l’excellent Karim Ben Ismaïl)
2004. De retour à Wellington, Graham Henry convoque une réunion de crise au siège de la Fédération néo-zélandaise. Il est entouré de ses adjoints, Steve Hansen et Wayne Smith. Ce dernier a demandé la présence de Gilbert Enoka, spécialiste des techniques mentales avec lequel il a collaboré au sein des Crusaders. «Il a fait office de facilitateur», précise Kerr.
Sir Brian Lochore (68 sélections dans les années 1960 dont 46 en tant que capitaine) est lui aussi présent, « figure tutélaire, sorte de parrain des All Blacks », tout comme Darren Shand, le manager, ainsi que le capitaine Tana Umaga et le vice-capitaine Richie McCaw, alors âgé de vingt-quatre ans. La réunion va durer… trois jours.
« Sans faux-semblant, ils ont établi un constat cruel de la situation de l’équipe. Puis oeuvré pour trouver des solutions.»

Cette réunion marathon n’est pas une révolution mais elle permet d’établir la « constitution » des All Blacks tels qu’on les connaît aujourd’hui.
Avec des règles strictes, établies de concert par les joueurs et le staff.
Avec un objectif unique : « L’équipe d’abord ».
Fini les beuveries censées resserrer les liens. Ceux-ci vont désormais être tissés par l’établissement d’une culture profonde et authentique, orientée autour du partage et de la confiance.
En finir avec la culture du secret, faire passer le « nous » avant le «je ».

«La culture commune est fondamentale dans la réussite d’un groupe.
La culture de groupe ne se voit pas, mais elle conduit le comportement.
C’est elle qui va optimiser ou amoindrir les capacités de chacun.
Se préparer, se comporter, communiquer…
C’est elle qui guide l’individu quand personne ne le regarde.
C’est pas un truc de boy-scouts, c’est la condition essentielle. »

Ex-prof de lycée, Graham Henry va s’attacher à responsabiliser ses joueurs.
Il met en avant le terme empowerment, qui vise à les associer de manière horizontale. Leur faire prendre conscience qu’ils ne représentent pas qu’eux-mêmes, mais une équipe et un pays. «All Blacks, 24 heures sur 24. »
Plutôt que de les contraindre, l’idée est de créer un environnement dans lequel les joueurs aient envie de s’inscrire. Un milieu fécond pour que les individus puissent s’épanouir personnellement et professionnellement .
Avec un élément indispensable pour ces compétiteurs : le sens de l’humilité.
Les bases sont jetées. Résumées par Brian Lochore :
« De meilleures personnes font de meilleurs All Blacks.»
Insister sur « l’intérieur » car si la technique et le physique sont des données essentielles, sans la présence de l’esprit, elles ne servent pas à grand-chose.

« Tout le monde peut transpirer, rappelait encore hier Henry dans les colonnes du Daily Telegraph. Mais la force mentale est une donnée compliquée à appréhender et à mettre en oeuvre.»
Pour tisser le maillage commun à tous, Henry se repose sur Gilbert Enoka, qui travaille à créer un « tronc commun ». Plutôt que de savoir si chaque joueur va bien jouer, on cherche à mettre en oeuvre un contexte pour que tous les joueurs aient envie de tout donner pour l’autre.
Enoka insiste sur des questions essentielles :
« Que signifie être un All Black ? Que signifie être néo-zélandais ? Que signifie être un homme ? Ce n’est pas perdre du temps que de se poser ces questions-là. On peut avoir toutes les techniques du monde :
la racine reste l’humain, car c’est lui qui prend des décisions. » Pendant des années, les All Blacks étaient favoris, mais s’effondraient sous la pression en Coupe du monde.

Avec une meilleure gestion de la pression qui s’accroit avec la place de numéro 1 au monde

« Cette pression existe.
Impossible de la fuir ou de la nier.
La meilleure manière de la gérer est de l’accepter.
Ainsi, vous la comprenez et elle nourrit votre motivation d’aller plus haut.
Cette pression, c’est un privilège.
C’est aussi une des raisons pour lesquelles les All Blacks sont ce qu’ils sont. »

Steve Hansen

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A propos jacques hervet

A unique culture A worldwide Sports top level experience combined with a corporate experience. With the profound conviction in « accompanying an athlete, is helping him to manage himself alone »
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