Tennis en Afrique: participation à l’émission Talents d’Afrique en décembre

Je voudrais remercier,  toute l’équipe de Talents d’Afrique*, pour l’invitation pour l’émission sur le Tennis en Afrique (Afrique: terre de tennis?) en décembre.

Présentée par Messaoud Benterki, TALENTS D’AFRIQUE revient chaque lundi sur l’actualité sportive de la semaine. Débats, analyses et décryptages, toute l’équipe de TALENTS D’AFRIQUE échange sur les grands titres de l’actualité sportive tout en traitant des faits de société touchant de près ou de loin la sphère sportive.

*Merci à Nicolas et Joris pour la préparation, et Messaoud, Sandra, Habib et Sylvère-Henri Cissé pour le plateau

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Pour aller plus loin:
Pour moi, un sujet difficile à traiter car le tennis n’est pas une priorité dans le sport africain.
Ce n’est pas aussi une priorité des Etats, et par conséquent les actions des fédérations nationales sont dramatiquement réduites, sans moyens financiers.

Parent pauvre du sport africain, le tennis ne fédère aucune envie de relancer un passé plus glorieux.

 

Le tennis est un « sport de riches », qui demande un gros investissement.
Le tennis coûte cher – le sport le plus capitaliste qu’il soit- avec symboliquement « tout aux vainqueurs, et l’illusion d’y parvenir pour les autres ».
Un sport  où pour réussir au plus haut niveau, l’on apprend à perdre de l’argent, le moins possible, mais sûrement pas à en gagner…  où seuls les meilleurs gagnent et gagnent beaucoup de manière exponentielle…

Un joueur qui voudrait gagner sa vie en jouant, comme un vrai professionnel, se doit d’être dans les 100 premiers mondiaux. En effet, une participation dans les 4 tournois du Grand Chelem permet d’envisager de débuter une saison avec au moins 100 000 $, et d’empocher un peu plus avec des matches par équipes, en Europe. Etre dans les 100 premiers mondiaux, c’est l’assurance de vivre du tennis en tant que joueur.

Mais avant de rentrer dans les 100… Le chemin long et compliqué, avec un sport individuel, qui demande un si fort investissement en matériel, en infrastructure, en déplacement et en moyen humain … il est difficile, sans une structure commune existante, de se former seul au tennis…

L’investissement financier est le plus souvent individuel. Dans les « pays qui financent le tennis », cet investissement est pris en charge par les structures de clubs, de ligue et de fédérations… parfois quelques sponsors ou mécènes qui viennent aider. En Afrique, le jeune qui voudrait se lancer dans l’aventure reste au port, si lui même n’a pas d’argent personnel à investir dans sa formation.

Aide extérieure? Le tennis n’est pas un système économique viable pour un investisseur privé. Aucun retour sur investissement. Loin de la réussite de la formation du football en Afrique, les académies de tennis n’ont pas les moyens économiques de subvenir à leurs besoins, et elles ne peuvent pas se développer.

Manque aussi de talent humain pour former : Pas assez de compétences des anciens champions d’Afrique, qui vivent ailleurs, après leurs carrières. Pas de compétences extérieures qui viennent investir plusieurs années pour former les jeunes champions. Pas comme d’autres pays, comme la Chine, qui utilisent leurs ressources financières pour faire venir les compétences extérieures pour se former.

Le développement du sport passe par une certaine  stabilité. Stabilité dans les efforts consentis, stabilité dans les investissements humains. Stabilité en infrastructure. Stabilité dans les institutions qui doivent rester crédibles dans le temps.

Et le tennis n’a pas cette stabilité en Afrique.

Les efforts de construction consentis sur l’Afrique des années 1980-1990, initiés par Gil de Kermadec, puis Doug Mc Curdy au sein de l’ITF sont restés sans suite. Reste un saupoudrage pour « bien faire quelque chose »… Mais quoi au juste ?

Alors Terre de tennis en Afrique ?

Actuellement non, c’est une Terre brûlée…
Avec la sécheresse des volontés et des moyens… L’abandon progressive de l’envie de créer un processus d’ espoir…

Rien n’a changé.

La réussite d’un enfant africain passera par la vision d’un expert, qui verra le talent et le confiera à une structure compétente existante qui le prendra en charge.

Rien n’a changé depuis Yannick Noah, Arthur Ashe et le sport Etudes de Nice…

Le constat, malheureux mais bien réel, est que rien ne peux se faire en Afrique pour parvenir au haut niveau mondial en tennis.

Cependant l’Afrique reste une Terre de sport.
Et je pense que nous devons voir l’Afrique du sport sous 2 angles
Le haut de la pyramide et  la base.

Souvent, nous parlons que du sport de compétition et de haut niveau mondial, avec les médailles et la médiatisation du résultat.
Mais la pratique du sport comme lieu d’interaction, outil de réconciliation, et favorisant l’intégration sociale, reste essentiel pour l’Afrique et son futur.

Il est utile de voir le sport comme un moyen permettant de créer un environnement protégé et favorable de rassemblement et de contribution à un objectif commun. Le sport comme expression de respect envers autrui. Le sport comme partage d’un espace commun.

Nous parlons souvent du 1e mais il ne faut pas oublier le 2e…

J’ai toujours en mémoire les paroles d’un dirigeant au Rwanda, qui m’a confié deux ans après le génocide, qu’il devait le fait d’être encore en vie grâce au sport, grâce à l’esprit humain venant du sport… La grâce d’un de ses assaillants qui étaient entrés dans sa maison avec les machettes sanglantes, et qui l’a reconnu. Il avait joué avec lui dans une équipe nationale, et il a osé dire que c’était un « homme bien, qui ne méritait pas de mourir » … et on lui donna quelques minutes de liberté, le temps qu’il finissent leur abominable tuerie jusqu’au bout de sa rue, … et il en profita pour s’échapper…

Ce sport là, fait de valeurs humaines et morales, d’échanges et de respect,  il faut se battre pour lui.
Il est essentiel d’investir dans la pratique du sport pour le futur de l’Afrique.

Jacque Hervet

 

Pour information: Voir aussi l’article de Yannick Cochennec en 2012, pour SlateAfrique

http://www.slateafrique.com/2287/sport-ou-est-passe-le-tennis-africain

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A propos jacques hervet

A unique culture A worldwide Sports top level experience combined with a corporate experience. With the profound conviction in « accompanying an athlete, is helping him to manage himself alone »
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